Ino Ardelean, du quotidien Evenimentul Zilei à Timisoara (Ouest), spécialisé dans les enquêtes sur la politique locale et les affaires de corruption, a été violemment battu par des inconnus, le 3 décembre dans la soirée, alors qu'il rentrait chez lui. Ses agresseurs ont frappé le journaliste jusqu'à ce qu'il perde connaissance. Hospitalisé, il souffre de blessures à la tête, dont une double fracture de la mâchoire.

"La multiplication des agressions contre les journalistes qui enquêtent sur la corruption au sein de la classe politique au pouvoir, en particulier en province, est extrêmement préoccupante. Le travail des journalistes d'investigation est pourtant fondamental dans le combat contre la corruption qui gangrène votre pays", a écrit Reporters sans frontières, dans un courrier adressé au Premier Ministre, Adrian Nastase. "Nous vous demandons de veiller à ce que tout soit fait pour identifier et punir les responsables de ces actes. Dans le cas contraire, les ennemis de la liberté de la presse, de plus en plus soucieux de préserver leur image à l'approche des élections législatives et présidentielle de 2004, penseront qu'ils peuvent impunément utiliser la violence contre les journalistes qu'ils jugent trop gênants", a ajouté l'organisation.


Dans ses articles, Ino Ardelean dénonce régulièrement l'implication d'hommes politiques locaux, en particulier du parti au pouvoir, le Parti social-démocrate (PSD), dans divers trafics illégaux. Par exemple, son dernier article, publié fin novembre, portait sur un représentant local du PSD, également directeur d'une école, accusé d'obliger ses élèves à travailler pour son propre compte sans les rémunérer.

Reporters sans frontières rappelle que deux autres journalistes ont été agressés en 2003. Le 25 juillet,Carmen Cosman, du quotidienRomania Libera, etMarius Mitrache, correspondant pourEvenimentul Zilei, ont été frappés à coups de poing et de pied par deux inconnus, en pleine rue, à quelques mètres du commissariat de police de Petrosani (centre-ouest) alors qu'ils s'apprêtaient à partir en reportage. Les journalistes avaient dévoilé plusieurs affaires de corruption au sein du gouvernement local impliquant des responsables de la compagnie minière de la vallée de Jiu. L'enquête de police n'a encore donné aucun résultat.


 

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